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I. Nature du projet
« Katiciaka Communication » est une structure qui s'investit principalement dans le montage d'ateliers de travail, de recherches et de réflexions artistiques et socioculturelles. Elle se propose d'aider et d’accompagner le développement de carrière de jeunes artistes par la création d'espaces de rencontres, d'échanges, de production musicale et de spectacles.
Katiciaka Communication met à la disposition de ses partenaires et ses interlocuteurs, sa compétence et son expérience professionnelles, des informations et une documentation pour répondre ou faciliter des réponses aux aspirations et préoccupations en matière de culture. Elle collabore et travaille avec plusieurs associations et entreprises culturelles, avec des organismes en particulier au Sénégal et dans le monde. Dans cette optique, elle a initié le présent projet dénommé « BANLIEUE RYTHME MUSIC ».
Le programme BANLIEUE RYTHME MUSIC constitue une réponse aux interrogations posées par des artistes et divers acteurs pour la prise en charge des besoins en matière de production musicale et de développement de carrière d’artiste. L’ampleur et la démultiplication de ces besoins ont été certainement engendrées par la pérennité du Festival Banlieue Rythme qui de plus en plus suscite des vocations et des espoirs au niveau des jeunes. Ledit programme d’Action Musicale Professionnelle et Pédagogique comprend les activités décrites dans ce dossier ainsi que d’autres projets qui seront développés. Ce projet est impulsé par une équipe compétente et engagée, ayant accumulé plusieurs années de pratique et une formation professionnelle adéquate. Il a comme finalité de contribuer à établir un solide pont entre le Sénégal et la Word music.
II. Justification du projet
La banlieue de Dakar (Les départements de Guédiawaye, Pikine, Rufisque et les Parcelles assainies) représente une partie essentielle de la démographie sociale et culturelle de Dakar. Ces entités territoriales ont permis révélé ces dernières années des atouts artistiques sûrs avec l’émergence de jeunes chanteurs et groupes de musique qui occupent aujourd’hui une place importante dans le marché de la musique.
Appelées zones de grand public, la banlieue de Dakar constitue 60% du marché de la région avec une concentration de près de 70% de la population constituée en majorité de jeunes entre 15 et 35 ans. Malgré l’existence d’infrastructures diverses, la banlieue ne dispose pas d’un seul studio d’enregistrement normé ni d’une structure de production et de management performante et pérenne. Des déperditions artistiques considérables sont observées favorisant ainsi l’oisiveté de jeunes musiciens, la drogue, la violence et une pauvreté croissante.
Banlieue Rythme Music compte ainsi apporter des réponses à une aspiration profonde, des opérateurs, des artistes et à une volonté de décentralisation des infrastructures de production musicale. Elle participe au renforcement du marché et favorise une économique endogène émergente. Ce label va ainsi apporter sa participation pour fournir aux départements de Guédiawaye et de Pikine et à ses acteurs (artistes, musiciens, producteurs, promoteurs…) des outils de travail et de performance professionnelles pertinents. Le projet générera des retombées tant économiques que socioculturelles. Il répondra parfaitement aux attentes, notamment par la mise en oeuvre de :
- Une unité de création et de réalisation musicale par la création d’une salle de répétitions ;
- Le développement de carrière d’artiste, de diffusion et de promotion musicale par la mise en disposition d’un service de management, d’un service de booking et de production de tournée et par la pérennisation du Festival Banlieue Rythme de Guédiawaye ;
- La production d’artiste, d’édition et de distribution musicale par la mise en disposition d’une unité de production d’artiste et d’agence d’artistique ;
- Des ateliers de formation et de professionnalisation des acteurs par la création de modules de formation professionnelle et artistiques ;
- Un Centre de ressources, de documentation et de management de projet artistique par la création d’une bibliothèque professionnelle et la mise en disposition d’un service de consultances et de conseils ;
- L’intensification de la communication et l’utilisation des NTICS par la création d’un site web et d’un cyber center.
Ce projet compte apporter les correctifs nécessaires aux disparités qui existent entre Dakar centre où est concentrée la plupart des activités et des infrastructures culturelles et la banlieue, pourtant représentant la partie la plus importante en matière de public et constituant un vivier réel pour la création musicale au Sénégal du fait des nombreux artistes révélés ces dernières années.
La dynamique et le rythme de la production
Les supports de la diffusion artistique ainsi que la dynamique et le rythme de l'introduction des technologies ont une incidence sur le développement du secteur musical et de la production elle-même, ainsi que sur leur adéquation aux besoins du marché et à la formation des intervenants. En effet, même si on assiste à une prolifération de produits musicaux sur le marché qui passent comme des phénomènes de mode avec des durées de vie très courtes assimilables aux phénomènes des tubes (single) en Europe, la production musicale est de plus en plus génératrice de recettes et constitue un investissement à moindre risque et parfois dérisoire en coût.
Il faut reconnaître que le degré et le rythme de la sortie d'œuvres musicales sont conditionnés par la disponibilité des équipements de production qui restent limités et très concentrés à Dakar Ville, même s'ils ne sont quasiment pas en phase avec les sons et les technologies en Europe et aux États-Unis, et la volonté d'investir des opérateurs économiques (Mécènes, Banques, sponsors…).
La création et la diffusion d'œuvres musicales exigent de plus en plus de nouvelles réalités : une structuration, l'organisation et l'accompagnement des différentes étapes de la production, qui doivent s'appuyer nécessairement sur une mise en commun et la diversification de l'intervention dans le cadre d'un partenariat professionnel où chaque acteur a un rôle bien déterminé.
La musique, un secteur viable
Au Sénégal, la production de cassettes audio enregistrées a augmenté de 33 % entre 1997 et 2000. Cette tendance s’amplifie.
En misant sur les atouts du secteur musical, le Sénégal pourrait s'insérer avantageusement dans le courant mondial du marché de la musique et améliorer sensiblement sa performance culturelle et économique ainsi que celle de ses artistes. Des développements significatifs peuvent être attendus en particulier dans ce domaine, s'il y a seulement une volonté de tous les acteurs (artistes, opérateurs, investisseurs, diffuseurs, pouvoirs publiques...) d'aller résolument vers les nouvelles exigences du marché international. Pour ce faire, il faut, encore une fois, qu'une politique nationale accompagne tout le processus d'instauration d'une base de l'industrialisation de la musique au Sénégal.
Ceci passe par une législation et une organisation structurée du secteur culturel, en s'appuyant sur des modèles de développement et la dotation de crédits d'exploitation et d'appui logistique aux initiatives et entreprises culturelles, et par la formation des personnes. Le secteur culturel sénégalais continuera alors fort probablement à présenter le principal domaine de croissance en raison notamment de son influence directe sur les politiques d'emploi, qui agissent évidemment sur le plan socio-économique. Et ceci doit assurer également une circulation et une appropriation rapides des savoir-faire, qui favoriseront à leur tour les mutations technologiques dans tous les domaines.
Le développement et l'introduction de nouvelles technologies dans la production musicale (phonographique et spectacles) nécessiteront par ailleurs la disponibilité d'intervenants qualifiés (techniciens, managers, régisseurs, communicateurs, agents artistiques). Si l’on entend par industrie culturelle musicale des structures organisées en entreprises, mobilisant plusieurs employés, on peut désigner 3 grands pôles au Sénégal :
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Le pole Xippi avec Youssou Ndour (studio, unité de duplication, maison de production, sono, boite de nuit, radios, journaux etc.)
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Le pole Pyramide Culturelle du Sénégal (avec son studio 2000) avec El Hadj Ndiaye (studio, unité de duplication, maison de production, sono, salle de spectacle, maison de distribution etc.) ;
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Le pole KSF Production avec Talla Daigne (maison de production, maison de distribution, magasins etc.).
A coté de ces grandes structures, s’est développée ces dernières années une floraison de petites structures artisanales surtout dans le domaine de l’enregistrement, de la production et du management artistique. La production musicale des dix dernières années est en terme de dynamisme plus le fait de ces petites structures artisanales. En outre dans le domaine des NTIC elles ont constamment joué le rôle d’avant-garde. Cependant, aussi bien dans les petites que dans les grandes structures on comprend aujourd’hui assez clairement la nécessité, pour être performant d’intégrer les NTIC. L’offre globale au niveau de l’espace local demeure donc très peu satisfaite. Nous assistons soit à un éloignement des lieux d’enregistrement autrement dit la plupart des structures sont installées à Dakar centre soit à l’inexistence de matériels adéquats pour effectuer un travail de professionnel.
D’une manière générale, nous constatons un manque d’infrastructure fiable dans la banlieue de Dakar et Banlieue Rythme Music veut de par le cadre qu’il compte mettre en place offrir un service de qualité et apporter une réponse à ce déficit.
Les services du projet
Le projet Banlieue Rythme Music compte apporter beaucoup d’innovations et de dynamisme dans le secteur. Parmi les éléments d’innovation, l’utilisation des nouvelles technologies sera systématiquement appliquée dans leurs applications musicales (les séquenceurs, le midi, la boite à rythme, le « sampling » l’audio numérique, l’internet, le mp3 etc.).
L’électronique.
L’électronique et les NTIC seront exploitées de manière optimale par le projet. Signe de modernité, l’utilisation du synthétiseur dans la musique sénégalaise va dépasser l’utilisation plate des « sons d’usine » faute de maîtrise des techniques de synthèse sonore qui demandent une manipulation experte des abstractions que constituent les algorithmes de modélisation sonore. Le public occidental n’a d’ailleurs point manqué de formuler ce reproche. Cette faiblesse marque encore de son sceau la musique sénégalaise alors que la synthèse sonore offre aujourd’hui aux musiciens des possibilités extraordinaires dans l’exploration du champ sonore..
La MAO
La MAO (musique assistée par ordinateur) va être intensifiée par le projet. Il est vrai que ce genre musical a fait irruption dans la musique sénégalaise avec l’utilisation de la technique du MIDI qui constitue aujourd’hui « une aubaine » pour les nombreux artistes qui n’ont pas les moyens d’enregistrer. Les promoteurs s’attendent inévitablement à l’explosion du phénomène des jeunes talents et à l’élargissement du champ musical: musique dite « tradi moderne », folk, salsa, rap. De « nouveaux talents » identifiés lors des festivals de banlieue vont trouver un écho international retentissant. On parle du Sénégal comme « troisième puissance mondiale du rap » après les USA et la France, les promoteurs comptent fortement appuyer les jeunes groupes de rap et les multiplier à une cadence extraordinaire au niveau sous régional.
Le numérique
En suivant le mouvement mondial, le studio Banlieue Rythme Music se digitalisera, aidé en cela par la mise sur le marché de systèmes multipistes numériques « grand public » tel «l’ADAT de la marque ALESIS». La modularité de ces systèmes nous permettra de faire des investissements étagés. Aujourd’hui, aucun studio sénégalais n’est vraiment équipé d’un système numérique complet, mais chacun intègre le numérique à un degré ou à un autre dans des combinaisons spécifiques avec l’ancien matériel analogique qui était la caractéristique principale de leur équipement. L’option des promoteurs est de créer un studio équipé d’un système numérique complet.
L’audio numérique
Les développements informatiques sont fulgurants. Les promoteurs comptent mettre en place des systèmes adaptés où l’audio intègrera l’ordinateur et les séquenceurs midi seront audio numériques. Certaines opérations sonores jadis effectuées en Europe vont être réalisées sur place et par des plateformes puissantes : editing, mastering, serveurs vocaux, post production.
Le MP3
L’utilisation du MP3 sera introduite dans le projet Banlieue Rythme Music. En effet les possibilités d’édition des logiciels de son et les possibilités de stockage et du traitement rapide de données sonores (musiques, montages) sont plus grandes et plus rapides avec l’informatique. Mais il faut noter que l’utilisation du mp3 dans les studios d’enregistrement reste encore peu systématique.
NTIC et formation musicale
Le monde musical sénégalais est entre autre caractérisé par l’absence de structures de formation aux métiers de la musique. Le conservatoire est l’unique lieu formalisé d’enseignement de la musique. On y forme des interprètes avec des méthodes complètement coupées du monde de la musique vivante ainsi que des professeurs de musique complètement déconnectés de la musique de notre temps et des technologies qui l’accompagnent. Pourtant l’informatique offre aujourd’hui des outils pédagogiques extrêmement pertinents qui vont de l’apprentissage du solfège au télé enseignement de la pratique instrumentale. Tout dans l’enseignement qui sera proposé par le projet Banlieue Rythme Music concourra à l’utilisation des NTIC dans la musique.
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